Raid Nomade 2001 |
Il s'est fait attendre, le
voilà enfin: vous allez tout savoir sur ce raid
édition 2001.
Nous tenons à
prévenir les lecteurs sensibles que ce qui suit contient
quelques scènes scatologiques pouvant heurter leur
sensibilité. R.D.O. décline toute
responsabilité quant aux éventuelles
conséquences produites par la lecture de ce compte rendu.
D'ailleurs son auteur vient d'être radié du club
pour avoir publié des informations confidentielles,
dégradantes pour l'espèce humaine et en conflit
avec les principes les plus élémentaires des
Droits de l'Homme.
Dernière mise à jour: 17/12/01.
Compte rendu
5-8-2001J-3, 3 véhicules se retrouvent à Marmande: les 2 Lands de l'organisation: Roro, Bernard d'une part et Marc de l'autre, ainsi que le Range de Thierry et Pascaline notre équipage Belge. C'est l'occasion de faire une pause, un bon repas et une bonne nuit, sauf pour Bernard: nous laissons la chambre pour le jeune couple Belge, Roro dans la Chicholina et Bernard dans le Land Rover. Pour ceux qui ne connaissent pas Bernard, alias Gorduche, alias G.O., il faut savoir que notre gaillard mesure son 1,90m + et qu'il se sent donc un peu à l'étriqué dans le Land Rover (110 pouces). Le voilà pris d'une terreur nocturne qui le fait se lever d'un bon. Problème la hauteur du plafond ne le permettait pas...
6-8-2001Nous quittons nos hôtes après un petit déjeuner et quelques préparatifs de dernière minute. Thierry tente de purger ses freins, car son Range tire latéralement quand il freine. Nous nous dirigeons vers Bayonne en traversant la forêt des landes. La circulation est très dense et nous ne sommes pas les seuls à prendre la route du Sud. Tout d'un coup nous tombons sur un bouchon causé par un feu alterné où comme d'habitude les véhicules passent au compte goutte avec de longues périodes où il ne se passe rien. Nous optons pour une piste forestière et miracle nous ressortons juste après le bouchon quelques kilomètres plus loin.
Bernard nous ayant conté ses exploits nocturnes de la veille, compatissants nous lui conseillons de s'équiper d'une tente igloo. Nous profitons d'une halte à Toulouse dans une grande surface où Bernard trouve son bonheur: une tente parapluie à montage ultra-rapide. Il n'en fallait pas plus pour redonner du baume au coeur à notre homme.
Après Bayonne nous prenons l'autoroute jusqu'à San Sebastien, puis la N1 jusqu'à Burgos et Madrid. En Espagne commence la galère pour Thierry qui cherche son LPG une fois (et plus). Traduction faite il s'agit du GPL qui est pratiquement introuvable en Espagne. Thierry (ou sa copine) a non seulement besoin de nombreuses poses carburant mais également de pauses "j'va pisser" et curieusement ne semble pas combiner les deux. Bon heureusement qu'il a un V8 et il peut nous rattraper à chaque pause. A noter que Roro lui dispose d'un réservoir de carburant de 200 litres et qu'il n'a toujours pas fait le plein depuis Béthune. La CB nous est fort utile, surtout pour Marc qui est seul dans son véhicule. Nous avons l'impression d'être tous ensembles au point où parfois on oublie de prendre le microphone pour répondre à quelqu'un !
Nous passons Madrid en soirée et décidons de continuer sur le point de bivouac 200 km plus loin qui présente l'avantage d'être situé en altitude et de bénéficier d'une température plus clémente que la fournaise de Madrid. Nous arrivons après minuit sur le bivouac qu'il aurait été impossible de retrouver sans le G.P.S. Le coin est pratique, sympathique et il n'est pas toujours facile de trouver des endroits comme ceux là le long des autoroutes et surtout la nuit. La fatigue et l'heure tardive ne nous empêche pas de gueuletonner comme il se doit (il faut dire que l'on a pratiquement rien mangé depuis ce matin). Nous nous couchons à trois heures. Réveil à 7 heures le lendemain.
7-8-2001Nous décollons
tôt, car il nous reste un bout de chemin à
parcourir: Bailén, Grenade, Malaga pour arriver à
Algeciras vers 16 heures.
A cette saison longer la Costa del Sol
est assez sportif, car la circulation est dense sur cette "voie rapide"
qui traverse les agglomérations et où les voies
d'accélération sont quasiment inexistantes,
obligeant les automobilistes à forcer le passage. Nous
perdons aussi beaucoup de temps dans des embouteillages sur les
portions à une voie. L'alternative Cordoue, Cadiz, Algeciras
est à considérer (hein Roro ?).
Roro nous indique qu'il
connaît un lieu de bivouac possible sur la plage. Vu la
densité d'habitations sur la côte, j'ai du mal
à le croire. Nous voilà donc sur la plage dans
une sorte de crique, où il est effectivement possible de
camper, il y a même une douche publique ! Le hic est qu'il
n'y a aucune tente à part les nôtres, par contre
des camping car sont installés... Bon nous profitons un peu
de la mer. Thierry et Marc partent faire quelques courses pour
fêter dignement les 50 années de Roro ce soir (oui
un demi siècle). Au menu: champagne, sangria, vin espagnol,
barbecue, etc. bref de quoi à prendre des forces pour le
raid qui nous attend.
C'était trop beau: la Guarda Civile débarque et nous demande ce que nous faisons. Difficile de simuler juste un arrêt pique-nique. Je tente de masquer un cadavre de bouteille qui traîne par terre, tout en expliquant (avec mes 3 mots de vocabulaire hispanique) que nous laisserons l'endroit aussi propre que trouvé et que nous partons demain matin. Ils sont sympa et nous laissent tranquille. Ouf.
Ah oui, j'allais oublier de vous parler de l'aversion de Roro pour les codes PIN. Manque de bol son téléphone portable (style walkman miniature dernier cri de technologie française) ne marche plus en Espagne. Son appareil date un peu (comme son propriétaire d'ailleurs), et il n'est pas capable de trouver l'opérateur automatiquement. Bref voilà notre Roro en train de pianoter sur le clavier de son téléphone. Après de nombreuses tentatives il réussit à passer un coup de fil à sa Maryse. Ce fut le seul et dernier appel téléphonique, car Roro décide d'aller plus en avant dans les menus aussi parlants que le menu d'un restaurant chinois qui n'aurait pas été traduit. Bref rideau l'appareil détruit la puce ! Bernard rigole car son portable marche encore. Il rira moins arrivé au Maroc, son forfait Monde ne fonctionnera pas... Quant à Marc le problème est simple: il n'a pas de portable. Avec R.D.O. c'est pas du...
8-8-2001
Rendez-vous à ALGECIRAS à 15 heures à
l'hôtel Bernardo. Départ à 15 heures 15
! En effet nous avons un bateau à 16 heures. Il est bon de
savoir qu'il y à deux hôtels Bernardo proches l'un
de l'autre, certains s'inquiétaient de voir l'heure de
rendez-vous approcher, sans un participant à l'horizon...
"Notre" Bernardo est celui qui se trouve face à la
raffinerie et dispose d'un très grand parking
fermé.
Passage entre Algeciras et Ceuta, traversée par ferry 1 heure environ. Plein de carburant à Ceuta (pratiquement moitié moins cher qu'en France), plein de boissons alcoolisées pour d'autres (dont la fameuse bebida à 18 FF le litre). Arrivée à la douane marocaine, plus d'une heure d'attente, mais grâce à notre GO, nous patientons à l'ombre (sauf Christian qui désire mettre à l'épreuve la climatisation de son Range P38). Roger s'occupe des formalités avec brio et nos véhicules ne sont pas fouillés.
Nous réinstallons nos CB cachées pour la
douane et en piste pour 100km de route (et non l'inverse).
Arrivée Chaouen dans le Rif (pour Bernard: et non Chaouine)
vers 20 heures (nous avons gagné deux heures grâce
au décalage horaire). Le groupe se disperse pour aller
dîner dans la médina où l'on trouve une
multitude de petits restaurants forts sympathiques.
L'organisation se retrouve d'abord
à l'hôtel Parador, seul endroit où l'on
sert de la bière en ville, mais également lieu
idéal pour préparer le briefing du lendemain...
Nuit à l'hôtel Madrid. Bien qu'un peu anxieux d'avoir laissé nos véhicules garés dans la rue, nous somme rassurés par le gardien de nuit: il n'a pas dormis (Roro s'en est assuré au cours de la nuit).
9-8-2001 1ère
étape Chaouen - Forêt d'Azrou, route 300 km.
Bivouac dans la forêt.
Nous faisons quelques courses et
recherchons vainement une source que Marc avait connu il y a 10 ans et
qui a été captée depuis... Roro tente
d'utiliser la nouvelle carte bleue de R.D.O., mais voilà, il
y a encore un code PIN à se rappeler et heureusement il a
pris soin de le noter sur un petit papier à
côté de la carte ! «J'aime pas
ces choses là» nous confie Roro, en
parlant de tous ces systèmes électroniques. Nous
quittons Chaouen vers 10 heures et traversons d'une traite le Rif en
direction de Ouezzane, col du Zeggota (pose déjeuner),
Meknès, Ifrane, Azrou puis la forêt de
cèdres. Nous cherchons un emplacement de bivouac sous les
arbres où la chaleur semble moins forte.
C'est à cette occasion que
nous découvrons le matériel de bivouac de chacun.
En ce qui concerne le couchage, certains disposent d'une tente
familiale avec chambre à coucher, d'autres une tente igloo,
ou bien encore de tente de toit style Chicholina, on trouve
également une tente qui s'apparente plus à un
cercueil, et enfin il y a ceux qui dorment directement dans la voiture.
Pour ce qui est du mobilier
l'équipement varie beaucoup selon les cas: une simple
cantine qui fait office de banc, table, la grande table avec
sièges confortables de couleur assortie, la
glacière sans glace, le frigo à gaz, le frigo
électrique avec ou sans batterie, le barbecue avec charbon
de bois, le camping gaz double feu, le auvent monté sur le
côté du véhicule, la Hilti pour planter
les sardines de tente, etc. Inutile de dire que les provisions
alimentaires n'étaient pas en reste. Au chapitre des
boisson: champagne, vin rouge, rosé, pastis, whisky
(ordinaire et vieux), cognac (XO), bières, et même
de l'eau potable à profusion, en fait de quoi à
ouvrir un bar dans le désert. Au chapitre du moins volatile
on peu citer pour mémoire: charcuterie, foie gras, viande
fraîche, oeuf (aucun de cassé en ce qui concerne
l'organisation), ...
Voici un raid qui ne s'annonce pas sous le signe de l'abstinence !
10-8-2001 2ème
étape Azrou - Beni-Mellal, route 210km, Beni-Mellal
(hôtel****). Encore du bitume, du soleil à ne plus
savoir quoi en faire et enfin le réconfort de la piscine de
l'hôtel.
Nous quittons la forêt de
cèdres après une petite visite au
cèdre Gouraud (grand et vieux cèdre au pied
duquel se trouve quelques vendeurs de cristaux). La route est longue
jusqu'à Khenifra puis Beni-Métal et nous
rencontrons les premières fortes chaleurs (40° dans
les véhicules). Nous sommes tous heureux de trouver la
piscine de l'hôtel au point que la plupart du groupe renonce
à aller visiter les cascades d'Ouzoud en fin
d'après midi. Il faut dire que certains
s'inquiétaient du nombre de marches à descendre
puis à remonter pour accéder aux cascades. A
cette question il fut répondu: t'inquiète
pas...
Demain les choses sérieuses commencent, et c'est pour cela que certains autres (à moins que ce ne soient les mêmes) abusèrent des plaisirs offerts sur place (cure de jus d'orange, de bière, fermeture du bar).
11-8-2001
3ème
étape Beni-Mellal - la Cathédrale (rocher), 201km
(bivouac au bord de l'eau). Nous quittons l'hôtel
en direction du Sud, puis obliquons vers l'Est vers le massif de
montagne que nous suivions déjà depuis quelque
temps: le Moyen Atlas. Ca grimpe dur et l'un de nos
véhicules donne quelques signes étranges: perte
de puissance avec l'altitude. Etonnant car il s'agit du P38 (Range
Rover)) de Christian qui a un moteur turbo diesel dernier cri... Enfin
ceci pour dire que Christian se préparait à subir
les sarcasmes de ses nouveaux camarades de jeu. Tu as besoin
que je te pousse Christian ? demande X heureux et fier
possesseur d'un Defender.
Les paysages deviennent superbes et
contrastent avec la route assez monotone que nous avons parcourue la
veille. Au détour d'un village la route se transforme en
piste, puis nous franchissons un pont suspendu, où un seul
véhicule peut passer à la fois. Vision superbe
sur l'oued qu'enjambe ce pont. La piste devient moins
fréquentée et donc plus étroite,
toutefois sans difficulté majeure mise à part le
risque de louper un virage et dégringoler la montagne.
Enfin nous arrivons au lieu de bivouac appelé "la
cathédrale" qui tire son nom d'une impressionnante falaise
surplombant l'oued et qui avec un peu d'imagination ressemble
à une cathédrale.
Le temps étant
menaçant, nous hésitons à installer le
camp dans le lit d'oued qui présente deux avantages majeurs:
surface sablonneuse pour y planter les tentes et proximité
du cours d'eau. Finalement c'est la déraison qui l'emporte
et nous campons tous dans le lit de la rivière, en ayant
néanmoins pris la précaution d'orienter les
véhicules vers la sortie, juste pour le cas où...
Etant arrivés assez tôt au bivouac, nous profitons
du cours d'eau pour prendre un bain ou pour certains amener leur
véhicule dans l'eau pour les y nettoyer: question de
goût.
Le temps étant
menaçant, nous hésitons à installer le
camp dans le lit d'oued qui présente deux avantages majeurs:
surface sablonneuse pour y planter les tentes et proximité
du cours d'eau. L'organisation propose au groupe de se retrouver
après le repas pour un pot à l'arrière
d'un des Lands reconverti en bar pour l'occasion. Whisky et Cognac sont
principalement au menu. Afin de détendre
l'atmosphère, nous diffusons quelques chansons paillardes,
mais qui au bout du compte ne semblent pas faire
l'unanimité. Que voulez vous, il est difficile de satisfaire
un groupe !
Le Quiz du jour: quelle est le nombre de tours minute maximum d'un P38: 2000, 3000, 4000 ?
12-8-2001 4ème
étape piste 125km, la Cathédrale - Imilchil par
l'Assif Melloul, la Rivière Blanche, visite aux lacs Tislit
et Isli (bivouac au bord du lac). L'heure de levé
étant généralement fixée
à 7 heures (n'oublions pas le décalage horaire),
ce qui nous permet de profiter de la
fraîcheur matinale, bien agréable à
cette saison. Il faut un minimum de 2 heures pour lever un camp, et ce
n'est pas de trop. Généralement on
préfère prendre un petit déjeuner
copieux (à l'anglaise) et ne faire qu'une pause
casse-croûte léger à midi, d'autant
plus que la chaleur nous dissuade de manger trop.
La suite du parcours nous emmène sur une piste ouverte récemment et qui n'est pas indiquée sur les cartes que nous disposons. Elle permet de rejoindre Imilchil en coupant à travers les montagnes. Cette piste est très étroite, passe à des endroits vertigineux où il n'est pas question de s'écarter. Uniquement des 4x4 l'empruntent qui effectuent des navettes entre les villages: Il s'agit en général de vieux Land Rover 88 SIII reconvertis en taxi-brousse.
Première crevaison. Le
convoi s'immobilise et le taxi-brousse qui vient en sens inverse doit
attendre que nous ayons réparé. Michel sort sont
kit de réparation tubeless et Joëlle sa bouteille
de... plongée ! Eh oui, un bon plongeur ne se
sépare pas de sa bouteille, mais en l'occurrence elle
l'utilise pour regonfler les pneus. Bien qu'elle soit de taille modeste
(la bouteille), elle (Joëlle) a calculé qu'avec une
charge nominale elle (la bouteille) peut gonfler 50 pneus de 4x4.
Nous continuons la piste et quittons
cette zone à flanc de montagne le long de gorges, pour nous
retrouver sur un plateau à plus de 2000 m. d'altitude. Il
pleut et la température est tombée sous les
20°C, autant dire qu'il fait froid ! A partir de là
nos problèmes commencent. D'abord la piste est rendue
très glissante et nos pneus ne sont pas très
adaptés. De petits dévers deviennent vite
angoissants quand on voit la rivière à quelques
50 mètres plus bas. Des oueds se forment rapidement.
Nous traversons la rivière
que nous suivions depuis quelque temps déjà par
un gué dont le niveau semble monter et nous fait craindre un
point de non retour, d'autant plus que nous découvrons que
la piste est bloquée par un bloc gros comme une maison. Nous
prenons alors une autre piste mais qui nous éloigne de notre
destination (Imilchil). Enfin grâce aux GPS nous pouvons
suivre exactement notre itinéraire. La pluie a
cessé, mais l'heure tourne et il semble de plus en plus
difficile d'atteindre l'objectif du soir. Nous hésitons
à planter un bivouac tant qu'il fait jour, mais nous
décidons de continuer de peur que la pluie
redémarre et que nous nous trouvions bloqué dans
le massif. Nous retrouvons enfin le goudron, mais bien plus au Nord que
prévu (d'environ 60 km). La route est roulante (sic) au
point où Roro oublie qu'elle se transforme soudainement en
piste, mais pas de problèmes puisqu'il a des actions chez
Bilstein. Nous arrivons enfin au lac Tislit vers 21 heures et il fait
nuit depuis longtemps. La journée aura
été longue.
Le bivouac s'organise rapidement. La
fatique et la fraîcheur nocturne n'entament pas le moral des
troupes d'autant plus que nous savons la journée du
lendemain plutôt calme.
Le Quiz du jour: est-il vrai que sur un P38 il est impossible de couper la climatisation ?
13-8-2001 5ème
étape Imilchil - Tamtattouche 102km, visite d'une casbah,
rencontre avec la population berbère, promenade à
dos de mulets (auberge, excellente étape).
Nous découvrons le lac au
bord duquel nous campions, et il fait beau ! Petit déjeuner
copieux (oeufs sur le plat, bacon il en reste !, oignons, etc.) puis
nous levons le camp et payons une petite visite au lac Iseli voisin.
Enfin nous reprenons la route pour Tamtattouche, mais la piste est en
travaux suite à des éboulements et on nous
indique qu'il faudra attendre le lendemain pour passer. Nous consultons
la carte et le détour qu'il faudrait emprunter
nécessiterait pratiquement une journée de route
et piste ! Finalement après une petite attente que les
bulldozer dégagent le terrain, nous passons.
Ensuite vient la traversée
d'Imilchil qui reste aussi pénible que d'habitude tant les
enfants nous harcèlent de "donne moi stylobonbondirrham" qui
parfois se soldent par un jet de pierre. Bienvenue au Maroc ! Nous
arrivons enfin chez Baddou accueilli par Mr Baddou himself, qui
s'empresse de nous servir le thé nana (à la
menthe). Pris d'un petit creux nous commandons un tajine et sortons de
nos réfrigérateurs quelques bières,
car notre aubergiste n'a pas de licence adéquate.
Pour l'après-midi, Roro
nous a concocté une balade à la casbah du coin
à dos de mulet. Bon je prétexte qu'il n'est pas
pratique de prendre les photos et filmer perché sur ces
baudets et suit à pied le convoi sans difficulté.
La casbah est une très vieille maison dans laquelle vivent
plusieurs familles, elle est construite de terre, bois et paille et
comporte plusieurs étages. Celle-ci est construite sur un
promontoire rocheux qui surplombe le lit de la rivière
cultivé dont le vert saturé tranche avec la
sécheresse alentour.
Nous
voilà tous installés dans la
pièce principale de la casbah qui pour tout mobilier dispose
de quelques tapis, une table basse à peine plus grande que
le siège de ma Land Rover (excusez mon système de
référence), une lampe à gaz butane et
un poël à bois bien évidemment hors
fonction à cette époque. Curieusement la chaleur
est supportable et le thé bouillant qui nous est servi passe
bien. Bernard, notre G.O., me confesse qu'il aurait
préféré une bière
fraîche, je lui rétorque que vu les nombreuses
flagtulences dont il est victime, il ferait mieux d'en
réduire sa consommation. Il est utile d'expliquer au lecteur
que la flagtulence est un des effets secondaires due à
l'absorption excessive de Flag, bière marocaine.
De retour à notre auberge, chacun vaque à ses occupations (lessive, douche, visite du village, etc.). Le soir un méchoui est préparé, cuit à l'étouffée dans une gangue de terre, ce qui permet à la viande de conserver son jus. Excellent. Nous mangeons dehors sous la toile de tente berbère avec un fond de musique orchestré par le tenancier et ses copains. On aime ou on n'aime pas ! R.D.O. a pratiquement réquisitionné l'hôtel puisque nous occupons les 7 sept chambres disponibles. Dormir sur le toit était une alternative intéressante pour profiter de la fraîcheur de la nuit et du panorama au lever de soleil.
14-8-2001 6ème
étape Tamtattouche - Merzouga 263km, par les Gorges du
Todra, ainsi que par les cols, et bonjour les dunes de l'erg Chebbi
(hôtel Chez Gérard et Françoise).
C'est reparti, nous quittons l'Atlas
par les gorges du Todra, piste qui pour l'instant n'est toujours pas
goudronnée, mais pour combien de temps encore ? A Tinerhir
nous faisons le plein de carburant, nourriture (y compris
rosé de Boulaouane), et de Dirrahm. Nous prenons ensuite la
piste jusqu'à Alnif. La chaleur est de nouveau
très forte et nous avons peine à trouver de
malheureux arbustes pour nos donner un peu d'ombre à la
pause "déjeuner".
Enfin nous trouvons un arbre assez
grand pour garer les véhicules à
moitié à l'ombre. Thierry arrive le dernier, il
reste une splendide place à l'ombre que personne n'occupe,
et pour cause, les branches sont trop basses pour y loger un 4x4, mais
ceci n'effraie pas le moins du monde notre quidam qui arrive avec fort
élan sur la place. Ce qui devait arriver arriva, il heurta
une branche de plein fouet dans le pare-brise. L'arbre en
représailles, laissa tomber un de ses fruits sur le capot de
l'agresseur: un gros caillou ! Au Maroc il y a des arbres à
cailloux, ce sont donc des cailloutiers !!!
Nous retrouvons la route jusqu'à Rissani. Christian avance péniblement à 80 km / heure et nous nous faisons du souci quant à ses capacités de continuer ainsi plus au Sud. A Rissani, c'est le méga plein de carburant car une étape de deux jours de piste nous attend sans ravitaillement intermédiaire. Nous profitons de la pause dans cette grande station essence pour tester le P38. Chacun y met son grain de sel, mais rien n'y fait.
Rissani c'est la porte du désert, le sachant nous
tentons d'ingurgiter autant de boissons fraîches que nous
pouvons. Rien n'y fait, après avoir bu une limonade au
citron, on a aussi soif qu'avant. Il est temps de partir car nous
voulons atteindre Merzouga avant la nuit. Ca commence bien, le
road-book manque quelque peu de précision et nous n'arrivons
pas à sortir de la ville avec celui-ci. Finalement c'est en
suivant les panneaux indicateur "Merzouga 53 km" que nous sortons de la
ville. Après c'est tout simple on roule où on
veut sur un plateau en direction de l'erg Chebbi. Le spectacle est
lunaire, l'atmosphère irréelle car on ne voit pas
le soleil, le ciel est blanc comme sur une photo surexposée.
Ceci est dû à la poussière de sable qui
crée un voile, sorte de brouillard. La
température est au summum, dépasse les
45°C, il est pourtant 17 heures. C'est super, on peut rouler
à plus de 80 km / heures, on se croirait sur une gigantesque
piste gravillonnée, d'ailleurs la couleur de la roche est
noire comme le goudron.
Grisés par l'ambiance nous
accélérons de plus en plus, tout d'un coup
Bernard me crie: il pleut ! En effet de l'eau coule sur le pare-brise.
C'est la douche solaire qui n'apprécie pas les secousses et
vient de s'ouvrir. J'arrive à sauvegarder la
moitié de son contenu, tant pis je serais moins propre que
prévu. Nous ne sommes pas les seuls euphoriques puisque le
groupe réussit à se diviser. Heureusement nos
postes C.B. fonctionnent bien et nous arrivons à porter
à 7 km quand il n'y a pas d'obstacles.
Nous arrivons à la nuit à l'hôtel / camping de Merzouga tenu par un couple de français. Le cadre est bien arrangé, il y a l'électricité, l'eau courante, mais pas de climatisation. Juillet - Août sont les mois les plus chauds au Maroc et nous sommes dans le Sud aux portes du désert: il n'y a plus aucun massif montagneux qui pourrait casser et refroidir les vents chauds du Sahara. L'hôtel est organisé en petits bungalows avec terrasse sur le toit. Il fait tellement chaud qu'il est pratiquement impossible de dormir dans les chambres. Daniel et Laetitia n'ont pas la forme ce soir, ils sont épuisés par un excès de chaleur. Heureusement que Bernard dispose plus d'un tour dans son sac, d'où il sort quelques remèdes afin que nos deux charentais passent une bonne nuit. Certains optèrent pour la terrasse, d'autre pour le P38 (mais qui ça ?) ou bien encore pour le camping dans les dunes sur le toit de leur véhicule à la belle étoile !
Quiz du jour: un garagiste professionnel, deux amateurs de mécanique, un diéséliste professionnel ne suffisent pas à diagnostiquer un P38. Vrai ou faux ?
15-8-2001 7ème
étape Merzouga - Hassi Bou Kabou 99km, traversée
du désert hors pistes, franchissements de dunes, G.P.S.
utile (bivouac au milieu de nul part).
Quel spectacle que de se
réveiller au pied des dunes et de regarder le soleil se
lever bien emmitouflé dans son drap. C'est incroyable comme
la température monte vite. Je suis intrigué par
un bruit strident qui provient de la voiture. C'est le terra-trip qui a
rendu l'âme: un vrai sapin de Noël, il clignote et
bip dans tous les sens ! C'est la première victime
électronique de la chaleur. En redémarrant, je me
rend compte que mon coupleur de batterie (pour charger la batterie
auxiliaire) ne fonctionne plus aussi. Décidément
la journée commence mal pour moi !
Avant de quitter l'erg Chebbi,
certains s'aventurent dans les dunes en 4x4 afin de s'amuser un peu.
Jean-Louis voudrait sortir ses plaques de désensablage, mais
rien n'y fait, il n'en a pas besoin. Nous continuons à vive
allure sur ce plateau. La piste devient plus sablonneuse, les passages
délicats se font un par un car il n'est pas question de
perdre son élan dans de tels passages. Nous traversons un
massif montagneux, et il n'y a plus aucune traces sur la piste,
à part des crottes de chameau ! Le G.P.S. nous conforte dans
notre itinéraire. Nous franchissons un col dans le sable et
les véhicules peinent beaucoup. Christian manque
terriblement de puissance et n'arrive pas à franchir un
obstacle: il s'ensable à chaque fois.
Nous dégonflons ses pneus à 1 kg de pression et
miracle il passe tout seul. Après ce col nous sommes
à nouveau sur un plateau très roulant et une
course s'engage dans la descente... Chaque véhicule roulant
de front dégage une traînée de
poussière sur des centaines de mètres. Nous
sommes à la frontière algérienne et la
piste passe en Algérie sur quelques kilomètres.
Rien ne nous l'indique bien sûr, à part les cartes
aériennes américaines sur lesquelles nous avons
repéré le tracé relevé au
G.P.S.
C'est le moment de vous faire part des inquiétudes de Bernard. Son équipier (Roro) a absorbé, à titre préventif, une plaquette d'Immodium. Ce dernier pense que ceci lui évitera la "tourista". Par contre il n'a pas pensé aux effets secondaires que provoquent ce médicaments: ça fait 5 jours que Roro n'est pas allé aux toilettes. Bernard vit mal la perspective du dégonflement soudain de la panse de son coéquipier, d'autant plus que des signes avant coureur se sont fait "sentir" dans l'habitacle du Land Rover. De plus à chaque fois que Roro s'aventurait à pieds dans le désert le risque était réel qu'on le retrouve encroûté et étouffé dans une gangue de sable...
La chaleur devient insupportable: nous
atteignons 52°C dans l'habitacle du Land et il fait
pratiquement 50°C à l'extérieur. Le
G.P.S. donne des signes de faiblesse, il s'éteint
régulièrement. Enfin nous arrivons au lieu de
bivouac prévu sur un terrain
légèrement sablonneux et plat avec quelques
maigres arbustes permettant de nous éclipser pour assouvir
des besoins biens naturels. D'ailleurs c'est l'occasion d'expliquer
à nos lecteurs que camper avec un groupe de 19 personnes
pose quelques problèmes d'organisation pour les toilettes.
Naturellement nous découpons le secteur "couvert" en deux
zones: une pour les garçons et une pour les filles, comme
dans lieus publics ! Je vais par ailleurs vous livrer un petit tuyau:
n'aimant pas laisser de traces de mon passage, j'enterre soigneusement
l'objet de ma visite. Vu le peu d'endroits
généralement disponibles il est
fréquent de "tomber" sur un endroit ayant
déjà servi. Alors pour indiquer qu'il y a eu
utilisation récente du lieu, je laisse toujours
dépasser un petit bout de PQ qui fait office de drapeau
avertisseur.
Les heureux possesseurs de douches
solaires s'en donnent à coeur joie. On ne peut difficilement
imaginer le plaisir que procure une douche après une
journée de 4x4 en plein désert, où la
poussière est omniprésente. Imaginez ensuite
qu'après cette douche vous prenez une bière
fraîche, le tout au beau milieu de nulle part confortablement
installé au bivouac. Elle est-y pas Belge s'te vie ?
Ce soir nous fêtons
l'anniversaire de Laétitia, l'organisation à
même pensé à un petit cadeau pour
l'occasion. Avec R.D.O. c'est pas du pipeau !
Le Quiz du jour: A quelle pression faut-il gonfler les pneus d'un P38 ?
16-8-2001 8ème
étape Hassi Bou Kabou - Zagora 120km, désert,
pistes (hôtel). Nous partons assez tôt
sachant qu'à l'arrivée l'hôtel de la
Fibule nous attend (ou le contraire).
La piste est toujours roulante
jusqu'au Jbel Rharrt avec le passage très caillouteux du
Tizi-n-Tafilalet. Daniel déchire un pneu de son Discovery.
Nous arrivons sur Zagora par la palmeraie, au niveau du Jbel du
même nom. Zagora c'est l'oasis de la vallée de
l'oued Drâa: des palmiers à perte de vue. La piste
rejoint le goudron juste en face de l'hôtel la Fibule. Il est
midi quand nous garons nos véhicules dans le petit parking
de l'hôtel: nous arrivons à caser tous les
véhicules et à l'ombre S.V.P. ! Nous prenons
possession de nos chambres climatisées, puis tout le monde
se retrouve au bar (à moins que ce ne soit l'inverse) puis
au restaurent. Quel plaisir et contraste par rapport à la
veille de se retrouver dans ce cadre exotique et confortable
où le jus d'orange frais coule à flot
(dorénavant nous commandons les jus d'orange par trois).
Pourquoi tant de jus d'orange ? Officiellement R.D.O. conduit un test
médical cherchant à démonter une
croyance selon laquelle le jus d'orange provoquerait des troubles
intestinaux.
L'après-midi chacun vaque
à ses occupations (piscine, cartes postales, shopping,
visite de la ville, etc.). Daniel change son pneu contre un neuf qu'il
avait en réserve. Thierry a quelques problèmes
avec un silence bloc d'amortisseur, il en trouve un mécano
qui lui remplace par un modèle de
récupération "compatible". Le soir nous
fêtons un deuxième anniversaire, celui de Fabienne
avec encore le cadeau de l'organisation. R.D.O. c'est pas du...
17-8-2001
9ème
étape Zagora - Ourzazate 330km par la piste par Foum-Zguid
(hôtel). C'est presque avec regrets que nous
quittons ce paradis. Nous quittons Zogora par le Sud Ouest puis
longeons le Jbel Bani en direction de Foum Zguid. Aujourd'hui nous
avons changé la règle du jeu: alors
qu'habituellement le Land de Roger / Bernard ouvre la piste et celui de
Marc / Lucie la ferme, cette fois-ci le groupe part en tête.
La piste de Foum-Zguid comporte un nombre incalculable de variantes.
En effet elle est tellement cassante
que chacun essaie de trouver un passage plus agréable, il
s'en suit une multitude de pistes plus ou moins parallèles.
A ceci ajouté un relief légèrement
vallonné et il devient possible de doubler un
véhicule par une piste parallèle sans s'en rendre
compte. C'est effectivement ce qui va arriver au "couple" Jean-Louis /
Monique et Christian / Annette (entendez par couple, ensemble de deux
véhicules), qui se retrouvent en queue de peloton. C'est
à mi chemin que nous nous inquiétons de n'avoir
eu aucun contact avec eux. L'ensemble des participants
confirme la disparition des Land et
Range de Jean-Louis et Christian. Marc / Lucie attendent alors deux
heures en espérant voir arriver nos deux
véhicules manquants. Rien n'arrive et heureusement les
villageois nous offrent thé à la menthe et
collation à "l'ombre" d'un acacia. Il est encore possible,
bien qu'improbable vu la configuration du terrain à cet
endroit, que Jean-Louis et Christian soient passés sans nous
voir. Nous décidons de continuer jusqu'à Foum
Zguid. La piste est exécrable, il n'y a que des cailloux et
quelque soit la vitesse adoptée ça tremble de
partout à déboulonner les écrous les
plus grippés ! Arrivés à Foum-Zguid,
je fais une pause pour attraper une bouteille fraîche dans le
frigo. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ma roue de
secours avait disparu ainsi que son support pivotant, avec en prime le
châssis vrillé à l'endroit
où portait le support. Le plus étonnant est ne
s'être rendu compte de rien tant ça vibrait de
partout sur cette piste ! Nous retrouvons le groupe au centre du
village, avec nos deux véhicules toujours manquants.
Pendant ce temps le reste du groupe qui attendait à Foum Zguid se fit inviter par le maire du village à prendre le thé et le couscous ! Bernard obtint même un traitement de faveur par le fils du maire: celui-ci l'emmena par la main visiter les jardins. Nous ne saurons sûrement jamais ce qu'ont fait ces deux personnes hormis s'extasier devant les diverses plantations rencontrées...
Pour ne pas immobiliser le groupe plus longtemps, d'autant
plus qu'il restait un bon bout de route avant d'atteindre Ourzazatte,
nous décidons de le faire avancer pendant que Marc / Bernard
repartent en sens inverse sur la piste abominable à la
recherche de nos compères et éventuellement d'une
roue de secours ! Nous roulons pendant une petite heure et nous
rencontrons enfin nos deux véhicules avec en prime la roue
de secours qu'a trouvé Christian à quelques
kilomètres de là. Tout s'arrange au mieux. Ils
nous expliquent que voulant approcher des dunes ils se sont
ensablés. Résultat séance de
treuillage, pelle et plaque de désensablage. Ils l'avaient
cherché et ils l'ont trouvé ! Nous avons alors
deux heures de retard sur le reste du groupe. La nuit tombe quand nous
descendons du massif de montagnes. Nous surplombons la
vallée et il s'offre à nos yeux un feu de couleur
rougeâtre. Nous atteignons la nationale P31 (non rien
à voir avec le P38) et il ne reste plus qu'une trentaine de
kilomètres pour atteindre Ouarzazate.
La soirée se déroule dans un cadre fort convivial, le patron de l'hôtel faisant tout son possible pour contenter sa clientèle constituée en majorité de baroudeurs (4x4, motos, back-packer, ...). Elle se termine par un plongeon forcé de Bernard dans la piscine tout habillé. Sacré Christian, ça a été plus fort que lui ! Bernard a été bon pour un séchage de ses billets de banque.
18-8-2001 10ème
étape Ourzazatte - Marrakech 203km par la piste du sel,
visite d'Ait Benhaddou et la Casbah de Télouet
(hôtel).
Nous reprenons la route en sens
inverse puis bifurquons vers la célèbre casbah de
Aït-Benhhaddou, qui a servi de décor à
de nombreux films. Petite visite guidée, parsemée
de nombreux vendeurs de souvenir plus ou moins entreprenants. Bref nous
reprenons la piste étroite qui mène à
la casbah de Telouèt. La piste est superbe à
flanc de montagne, avec en contrebas les palmeraies, sans parler des
nombreuses casbahs. Nous visitons rapidement Telouèt, puis
rejoignons la route de Marrakech. Nous sommes en plein coeur du
Haut-Atlas, passons le col de Tizi-n-Tichka à 2260
mètres puis redescendons vers Taddert.
La vue est grandiose et la
lumière superbe en cette fin d'après-midi. La
température est grandement redescendue et il fait presque
froid. Nous arrivons enfin dans la ville grouillante et bruyante de
Marrakech. Le convoi forme une colonne très
serrée de peur de se perdre dans le dédale
d'avenues de ronds-points. L'arrivée à
l'hôtel est épique car celui-ci est en plein coeur
de la ville et l'entrée du parking se trouve au milieu d'un
carrefour et nous bloquons la circulation...
C'est notre dernier repas collectif et nous n'arrivons pas à avoir une table commune tant il y a de monde dans cet hôtel qui comporte une centaine de chambres. Après le repas nous allons visiter la médina (vieille ville) et affrétons 4 calèches pour un petit tour à travers la ville.
19-8-2001 Retour vers le Nord. Le groupe se sépare. Certains repartent directement, d'autres restent une journée de plus à Marrakech. Dans le parking de l'hôtel le P38 explose ses suspensions hydropneumatiques. Il fera tout le voyage de retour en butée sur les caoutchoucs...
C'est avec une pointe de nostalgie que nous voyons le groupe se disloquer, en effet nous avons passé neuf jours ensemble, nous ne nous connaissions pas pour l'ensemble d'entre nous, et il faut dire que l'ambiance a été très bonne sans aucun problème relationnel.
L'organisation a encore du pain sur la planche: direction le Rekkam pour une reconnaissance !
Quiz du séjour: est-ce que le P38 est un véhicule adapté pour des raids africains ?
Après quelques courses alimentaires, nous reprenons
la route de Béni-Mellal, puis filons vers l'Est vers Midelt
et ensuite plein Sud vers Er Rachidia.
Après 600 km de route
pratiquement non-stop, nous "plantons" le camp au sommet d'une colline.
Roro n'est pas content car il y a trop de vent à son
goût. Bernard n'arrive pas à planter ses sardines,
et pour cause nous sommes installés en fait dans une
ancienne carrière de pierres plates... Bref la fatigue de la
route rend nos humeurs assez sensibles. Tout cela est vite
oublié après une bonne côte de boeuf
grillée, accompagnée d'un rosé de
Provence (il restait encore une bouteille de France, comme quoi nous
savons consommer avec modération !).
20-8-2001 Pourtant isolés au sommet de notre colline nous avons la visite d'un donne moi stylobonbondirrahm. Nous plions le camp fiça et reprenons notre route vers Erfoud. Nous avons pratiquement fait une boucle puisque Rissani n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres plus au Sud. Nous obliquons vers le Nord-Est dans une zone extrêmement aride. C'est le début de notre reconnaissance que nous avons planifiée par un relevé sur carte TPC américaine au 1/500 000, puis reporté dans nos G.P.S. Ceci nous dégrossit énormément le travail et en pratique nous avons une précision de 500 mètres à 2 km sur le terrain. En tout état de cause nous savons à tout moment si nous dérivons de notre itinéraire et de combien.
La piste est assez amusante, avec de
nombreux virages, passage d'oued et de collines. Nous
débouchons ensuite sur un plateau, avec par endroits des
dunes que nous cherchons à éviter.
Dans une zone la piste est
bloquée par une dune et il nous faut trouver un passage.
Nous commençons à dévier de
l'itinéraire prévu. Roro s'embarque sur une piste
qui semble avoir été tracée en ligne
droite à travers les collines par un bulldozer. Ca ressemble
à des montagnes russes. Je reste en arrière et
attend le feu vert de Roro par radio.
Il m'indique que pour lui il n'est
plus question de faire demi-tour et que ça semble
s'améliorer un peu devant lui. Venant de franchir une des
montagnes russes, en y laissant de la gomme de pneus, je
m'inquiète pour la suite car nous sommes dans une zone
vraiment perdue et le moindre incident tournerait vite à la
galère. Je fais demi-tour et tente de contourner le massif.
Toujours en contact radio avec l'autre
véhicule, j'entre dans mon G.P.S. leur
coordonnées. Je suis à 4 km à vol
d'oiseau. Je me dirige donc sur le cap indiqué en hors
piste. Tout semble aller comme sur des roulettes, quand je me retrouve
coincé dans un lit d'oued. Le fond de celui-ci est
tapissé d'énormes touffes d'herbes, je roule au
pas et la voiture fait des bonds. Je tords ma barre de direction, et il
est temps de sortir d'ici. Je m'engage alors à la
perpendiculaire pour sortir du lit par une montée
très raide. Ouf me voilà sorti du
guêpier et il me reste à parcourir 2 km pour
retrouver Roro. Je les aperçois enfin.
Nous atteignons enfin Boudnib. Nous
avons effectué très peu de chemin en une
demi-journée et à ce rythme la
traversée du Rekkam risque d'être longue. Roro me
demande ce que nous faisons dans cette galère... No comment.
La piste devient plus roulante car nous longeons un lit d'oued par une
piste qui dessert de nombreux villages. Nous bifurquons à
nouveau Est sur Khang el Ghar.
Nous campons à la tombée de la nuit sur le bord de la piste. Nous n'avons rencontré aucun véhicule de la journée. Terrassés par cette pénible journée nous nous couchons rapidement.
21-8-2001 Lever
à 6 heures ! Nous voulons profiter au maximum de la
journée. Nous réparons la barre de direction
à Tajjite, il est 8 heures et les garages sont
fermés. J'entre dans le bureau de poste ouvert
(évidemment si il avait été
fermé je n'aurais pas pu entrer) et c'est là
qu'un client vient me faire deux bises puis commence à me
parler. Je n'y comprends rien de ce qu'il raconte. Les gens on l'air
bizarre dans ce village isolé... Nous démontons
donc la barre nous-mêmes et la faisons redresser chez un
soudeur. A 9 heures nous sommes de nouveau sur une portion de route. A
Talsinnt, la piste reprend et progressivement nous nous rapprochons du
plateau du Rekkam. La piste est assez monotone mais roulante.
Nous progressons rapidement, passons
le puits de Hassi-el-Ahmar (il y a de l'eau) et atteignons Zerouillet
(non il n'y pas de faute de frappe) en milieu d'après-midi.
A Zerouillet nous perdons une bonne heure à trouver la piste
et nous parcourons dans tous les sens les moindres pistes. Nous
quittons le plateau et retrouvons le goudron, puis amorçons
une longue descente sur Debdou. Nous quittons ensuite la route pour
prendre une piste vers Guercif où nous avons
décidé de camper.
Cette journée fut longue
car nous plantons le camps vers 18 heures. Nous avons parcouru une
distance inespérée (plus de 300 km). La fatigue
commence à se sentir sérieusement sur nos
visages. Le moral reste bon surtout après la côte
de boeuf - petits oignons - tomates au barbecue arrosée de
gris de Boulaoune.
22-8-2001 De
Guercif nous reprenons une piste vers le Rif qui nous emmène
à Mezguitem. Nous sommes alors en plein coeur du Rif avec
ses routes en zig-zag qui n'en finissent pas. Nous passons à
Aknoul, Boured, Ketama, la capitale du haschich que nous passons sans
traîner, traversons les splendides forêts de
cèdres, puis arrivons à Bab-Berred et Bab-Taza.
A partir de ce point nous nous séparons, Roro ayant décidé d'être de retour le samedi chez lui afin de pouvoir laver son 4x4 le dimanche avant la reprise du travail (sans blaguer). Dommage car nous loupons la piste qui redescend sur la côte à Bou-Ahmed et le bivouac sur la plage...
Je passe donc la nuit seul à une trentaine de kilomètre au Sud Tetouan juste avant de quitter le Rif.
23-8-2001 Une petite halte à Tetouan pour régler le parallélisme de mon Land suite au problème de direction, suivi par l'achat de quelques souvenirs de poteries pour la famille. Le passage de la douane est long, car il faut faire tamponner son passeport à un petit guichet et il n'y a qu'un seul employé pour faire cela... A Ceuta, quelques achats d'alcools détaxés (le whisky est ici à moitié prix), traversée du détroit de Gibraltar, décalage horaire de deux heures et me voilà vers 15 heures à Algéciras.
Je remonte par Cadiz, Cordoue, Bailen, puis reprend la route de l'aller. La chaleur est torride au coeur de l'Espagne, je décide donc de pousser jusqu'au bivouac de l'aller. Encore une fois le G.P.S. est d'une grande utilité et je retrouve le bivouac. Ambiance triste: je suis seul et c'est la fin des vacances.
24-8-2001 Les kilomètres défilent et j'arrive à Marmande en fin d'après-midi vers 18 heures. Je retrouve ma petite famille avec plaisir.
MR le 18/11/01.
Les participants
Encore des photos de ce raid Nomade édition 2001
Crédits photo: Roger Derusme, Didier Poelert, Marc Rechté, Michel Courtois, Bernard Pottier, Christian Bournot