Raid Nomade 2001


Il s'est fait attendre, le voilà enfin: vous allez tout savoir sur ce raid édition 2001.

Nous tenons à prévenir les lecteurs sensibles que ce qui suit contient quelques scènes scatologiques pouvant heurter leur sensibilité. R.D.O. décline toute responsabilité quant aux éventuelles conséquences produites par la lecture de ce compte rendu. D'ailleurs son auteur vient d'être radié du club pour avoir publié des informations confidentielles, dégradantes pour l'espèce humaine et en conflit avec les principes les plus élémentaires des Droits de l'Homme.

Dernière mise à jour: 17/12/01.

Compte rendu

5-8-2001J-3, 3 véhicules se retrouvent à Marmande: les 2 Lands de l'organisation: Roro, Bernard d'une part et Marc de l'autre, ainsi que le Range de Thierry et Pascaline notre équipage Belge. C'est l'occasion de faire une pause, un bon repas et une bonne nuit, sauf pour Bernard: nous laissons la chambre pour le jeune couple Belge, Roro dans la Chicholina et Bernard dans le Land Rover. Pour ceux qui ne connaissent pas Bernard, alias Gorduche, alias G.O., il faut savoir que notre gaillard mesure son 1,90m + et qu'il se sent donc un peu à l'étriqué dans le Land Rover (110 pouces). Le voilà pris d'une terreur nocturne qui le fait se lever d'un bon. Problème la hauteur du plafond ne le permettait pas...

6-8-2001Nous quittons nos hôtes après un petit déjeuner et quelques préparatifs de dernière minute. Thierry tente de purger ses freins, car son Range tire latéralement quand il freine. Nous nous dirigeons vers Bayonne en traversant la forêt des landes. La circulation est très dense et nous ne sommes pas les seuls à prendre la route du Sud. Tout d'un coup nous tombons sur un bouchon causé par un feu alterné où comme d'habitude les véhicules passent au compte goutte avec de longues périodes où il ne se passe rien. Nous optons pour une piste forestière et miracle nous ressortons juste après le bouchon quelques kilomètres plus loin.

Bernard nous ayant conté ses exploits nocturnes de la veille, compatissants nous lui conseillons de s'équiper d'une tente igloo. Nous profitons d'une halte à Toulouse dans une grande surface où Bernard trouve son bonheur: une tente parapluie à montage ultra-rapide. Il n'en fallait pas plus pour redonner du baume au coeur à notre homme.

Après Bayonne nous prenons l'autoroute jusqu'à San Sebastien, puis la N1 jusqu'à Burgos et Madrid. En Espagne commence la galère pour Thierry qui cherche son LPG une fois (et plus). Traduction faite il s'agit du GPL qui est pratiquement introuvable en Espagne. Thierry (ou sa copine) a non seulement besoin de nombreuses poses carburant mais également de pauses "j'va pisser" et curieusement ne semble pas combiner les deux. Bon heureusement qu'il a un V8 et il peut nous rattraper à chaque pause. A noter que Roro lui dispose d'un réservoir de carburant de 200 litres et qu'il n'a toujours pas fait le plein depuis Béthune. La CB nous est fort utile, surtout pour Marc qui est seul dans son véhicule. Nous avons l'impression d'être tous ensembles au point où parfois on oublie de prendre le microphone pour répondre à quelqu'un !

Nous passons Madrid en soirée et décidons de continuer sur le point de bivouac 200 km plus loin qui présente l'avantage d'être situé en altitude et de bénéficier d'une température plus clémente que la fournaise de Madrid. Nous arrivons après minuit sur le bivouac qu'il aurait été impossible de retrouver sans le G.P.S. Le coin est pratique, sympathique et il n'est pas toujours facile de trouver des endroits comme ceux là le long des autoroutes et surtout la nuit. La fatigue et l'heure tardive ne nous empêche pas de gueuletonner comme il se doit (il faut dire que l'on a pratiquement rien mangé depuis ce matin). Nous nous couchons à trois heures. Réveil à 7 heures le lendemain.

7-8-2001Nous décollons tôt, car il nous reste un bout de chemin à parcourir: Bailén, Grenade, Malaga pour arriver à Algeciras vers 16 heures. A cette saison longer la Costa del Sol est assez sportif, car la circulation est dense sur cette "voie rapide" qui traverse les agglomérations et où les voies d'accélération sont quasiment inexistantes, obligeant les automobilistes à forcer le passage. Nous perdons aussi beaucoup de temps dans des embouteillages sur les portions à une voie. L'alternative Cordoue, Cadiz, Algeciras est à considérer (hein Roro ?).

Roro nous indique qu'il connaît un lieu de bivouac possible sur la plage. Vu la densité d'habitations sur la côte, j'ai du mal à le croire. Nous voilà donc sur la plage dans une sorte de crique, où il est effectivement possible de camper, il y a même une douche publique ! Le hic est qu'il n'y a aucune tente à part les nôtres, par contre des camping car sont installés... Bon nous profitons un peu de la mer. Thierry et Marc partent faire quelques courses pour fêter dignement les 50 années de Roro ce soir (oui un demi siècle). Au menu: champagne, sangria, vin espagnol, barbecue, etc. bref de quoi à prendre des forces pour le raid qui nous attend.

C'était trop beau: la Guarda Civile débarque et nous demande ce que nous faisons. Difficile de simuler juste un arrêt pique-nique. Je tente de masquer un cadavre de bouteille qui traîne par terre, tout en expliquant (avec mes 3 mots de vocabulaire hispanique) que nous laisserons l'endroit aussi propre que trouvé et que nous partons demain matin. Ils sont sympa et nous laissent tranquille. Ouf.

Ah oui, j'allais oublier de vous parler de l'aversion de Roro pour les codes PIN. Manque de bol son téléphone portable (style walkman miniature dernier cri de technologie française) ne marche plus en Espagne. Son appareil date un peu (comme son propriétaire d'ailleurs), et il n'est pas capable de trouver l'opérateur automatiquement. Bref voilà notre Roro en train de pianoter sur le clavier de son téléphone. Après de nombreuses tentatives il réussit à passer un coup de fil à sa Maryse. Ce fut le seul et dernier appel téléphonique, car Roro décide d'aller plus en avant dans les menus aussi parlants que le menu d'un restaurant chinois qui n'aurait pas été traduit. Bref rideau l'appareil détruit la puce ! Bernard rigole car son portable marche encore. Il rira moins arrivé au Maroc, son forfait Monde ne fonctionnera pas... Quant à Marc le problème est simple: il n'a pas de portable. Avec R.D.O. c'est pas du...

La carte du parcours 8-8-2001 Rendez-vous à ALGECIRAS à 15 heures à l'hôtel Bernardo. Départ à 15 heures 15 ! En effet nous avons un bateau à 16 heures. Il est bon de savoir qu'il y à deux hôtels Bernardo proches l'un de l'autre, certains s'inquiétaient de voir l'heure de rendez-vous approcher, sans un participant à l'horizon... "Notre" Bernardo est celui qui se trouve face à la raffinerie et dispose d'un très grand parking fermé.

Passage entre Algeciras et Ceuta, traversée par ferry 1 heure environ. Plein de carburant à Ceuta (pratiquement moitié moins cher qu'en France), plein de boissons alcoolisées pour d'autres (dont la fameuse bebida à 18 FF le litre). Arrivée à la douane marocaine, plus d'une heure d'attente, mais grâce à notre GO, nous patientons à l'ombre (sauf Christian qui désire mettre à l'épreuve la climatisation de son Range P38). Roger s'occupe des formalités avec brio et nos véhicules ne sont pas fouillés.

Nous réinstallons nos CB cachées pour la douane et en piste pour 100km de route (et non l'inverse). Arrivée Chaouen dans le Rif (pour Bernard: et non Chaouine) vers 20 heures (nous avons gagné deux heures grâce au décalage horaire). Le groupe se disperse pour aller dîner dans la médina où l'on trouve une multitude de petits restaurants forts sympathiques. L'organisation se retrouve d'abord à l'hôtel Parador, seul endroit où l'on sert de la bière en ville, mais également lieu idéal pour préparer le briefing du lendemain...

Nuit à l'hôtel Madrid. Bien qu'un peu anxieux d'avoir laissé nos véhicules garés dans la rue, nous somme rassurés par le gardien de nuit: il n'a pas dormis (Roro s'en est assuré au cours de la nuit).

9-8-2001 1ère étape Chaouen - Forêt d'Azrou, route 300 km. Bivouac dans la forêt. Nous faisons quelques courses et recherchons vainement une source que Marc avait connu il y a 10 ans et qui a été captée depuis... Roro tente d'utiliser la nouvelle carte bleue de R.D.O., mais voilà, il y a encore un code PIN à se rappeler et heureusement il a pris soin de le noter sur un petit papier à côté de la carte ! «J'aime pas ces choses là» nous confie Roro, en parlant de tous ces systèmes électroniques. Nous quittons Chaouen vers 10 heures et traversons d'une traite le Rif en direction de Ouezzane, col du Zeggota (pose déjeuner), Meknès, Ifrane, Azrou puis la forêt de cèdres. Nous cherchons un emplacement de bivouac sous les arbres où la chaleur semble moins forte. C'est à cette occasion que nous découvrons le matériel de bivouac de chacun. En ce qui concerne le couchage, certains disposent d'une tente familiale avec chambre à coucher, d'autres une tente igloo, ou bien encore de tente de toit style Chicholina, on trouve également une tente qui s'apparente plus à un cercueil, et enfin il y a ceux qui dorment directement dans la voiture. Pour ce qui est du mobilier l'équipement varie beaucoup selon les cas: une simple cantine qui fait office de banc, table, la grande table avec sièges confortables de couleur assortie, la glacière sans glace, le frigo à gaz, le frigo électrique avec ou sans batterie, le barbecue avec charbon de bois, le camping gaz double feu, le auvent monté sur le côté du véhicule, la Hilti pour planter les sardines de tente, etc. Inutile de dire que les provisions alimentaires n'étaient pas en reste. Au chapitre des boisson: champagne, vin rouge, rosé, pastis, whisky (ordinaire et vieux), cognac (XO), bières, et même de l'eau potable à profusion, en fait de quoi à ouvrir un bar dans le désert. Au chapitre du moins volatile on peu citer pour mémoire: charcuterie, foie gras, viande fraîche, oeuf (aucun de cassé en ce qui concerne l'organisation), ...

Voici un raid qui ne s'annonce pas sous le signe de l'abstinence !

10-8-2001 2ème étape Azrou - Beni-Mellal, route 210km, Beni-Mellal (hôtel****). Encore du bitume, du soleil à ne plus savoir quoi en faire et enfin le réconfort de la piscine de l'hôtel. Nous quittons la forêt de cèdres après une petite visite au cèdre Gouraud (grand et vieux cèdre au pied duquel se trouve quelques vendeurs de cristaux). La route est longue jusqu'à Khenifra puis Beni-Métal et nous rencontrons les premières fortes chaleurs (40° dans les véhicules). Nous sommes tous heureux de trouver la piscine de l'hôtel au point que la plupart du groupe renonce à aller visiter les cascades d'Ouzoud en fin d'après midi. Il faut dire que certains s'inquiétaient du nombre de marches à descendre puis à remonter pour accéder aux cascades. A cette question il fut répondu: t'inquiète pas...

Demain les choses sérieuses commencent, et c'est pour cela que certains autres (à moins que ce ne soient les mêmes) abusèrent des plaisirs offerts sur place (cure de jus d'orange, de bière, fermeture du bar).

11-8-2001 3ème étape Beni-Mellal - la Cathédrale (rocher), 201km (bivouac au bord de l'eau). Nous quittons l'hôtel en direction du Sud, puis obliquons vers l'Est vers le massif de montagne que nous suivions déjà depuis quelque temps: le Moyen Atlas. Ca grimpe dur et l'un de nos véhicules donne quelques signes étranges: perte de puissance avec l'altitude. Etonnant car il s'agit du P38 (Range Rover)) de Christian qui a un moteur turbo diesel dernier cri... Enfin ceci pour dire que Christian se préparait à subir les sarcasmes de ses nouveaux camarades de jeu. Tu as besoin que je te pousse Christian ? demande X heureux et fier possesseur d'un Defender.

Les paysages deviennent superbes et contrastent avec la route assez monotone que nous avons parcourue la veille. Au détour d'un village la route se transforme en piste, puis nous franchissons un pont suspendu, où un seul véhicule peut passer à la fois. Vision superbe sur l'oued qu'enjambe ce pont. La piste devient moins fréquentée et donc plus étroite, toutefois sans difficulté majeure mise à part le risque de louper un virage et dégringoler la montagne.

Enfin nous arrivons au lieu de bivouac appelé "la cathédrale" qui tire son nom d'une impressionnante falaise surplombant l'oued et qui avec un peu d'imagination ressemble à une cathédrale. Le temps étant menaçant, nous hésitons à installer le camp dans le lit d'oued qui présente deux avantages majeurs: surface sablonneuse pour y planter les tentes et proximité du cours d'eau. Finalement c'est la déraison qui l'emporte et nous campons tous dans le lit de la rivière, en ayant néanmoins pris la précaution d'orienter les véhicules vers la sortie, juste pour le cas où... Etant arrivés assez tôt au bivouac, nous profitons du cours d'eau pour prendre un bain ou pour certains amener leur véhicule dans l'eau pour les y nettoyer: question de goût.

Le temps étant menaçant, nous hésitons à installer le camp dans le lit d'oued qui présente deux avantages majeurs: surface sablonneuse pour y planter les tentes et proximité du cours d'eau. L'organisation propose au groupe de se retrouver après le repas pour un pot à l'arrière d'un des Lands reconverti en bar pour l'occasion. Whisky et Cognac sont principalement au menu. Afin de détendre l'atmosphère, nous diffusons quelques chansons paillardes, mais qui au bout du compte ne semblent pas faire l'unanimité. Que voulez vous, il est difficile de satisfaire un groupe !

Le Quiz du jour: quelle est le nombre de tours minute maximum d'un P38: 2000, 3000, 4000 ?

12-8-2001 4ème étape piste 125km, la Cathédrale - Imilchil par l'Assif Melloul, la Rivière Blanche, visite aux lacs Tislit et Isli (bivouac au bord du lac). L'heure de levé étant généralement fixée à 7 heures (n'oublions pas le décalage horaire), ce qui nous permet de profiter de la fraîcheur matinale, bien agréable à cette saison. Il faut un minimum de 2 heures pour lever un camp, et ce n'est pas de trop. Généralement on préfère prendre un petit déjeuner copieux (à l'anglaise) et ne faire qu'une pause casse-croûte léger à midi, d'autant plus que la chaleur nous dissuade de manger trop.

La suite du parcours nous emmène sur une piste ouverte récemment et qui n'est pas indiquée sur les cartes que nous disposons. Elle permet de rejoindre Imilchil en coupant à travers les montagnes. Cette piste est très étroite, passe à des endroits vertigineux où il n'est pas question de s'écarter. Uniquement des 4x4 l'empruntent qui effectuent des navettes entre les villages: Il s'agit en général de vieux Land Rover 88 SIII reconvertis en taxi-brousse.

Première crevaison. Le convoi s'immobilise et le taxi-brousse qui vient en sens inverse doit attendre que nous ayons réparé. Michel sort sont kit de réparation tubeless et Joëlle sa bouteille de... plongée ! Eh oui, un bon plongeur ne se sépare pas de sa bouteille, mais en l'occurrence elle l'utilise pour regonfler les pneus. Bien qu'elle soit de taille modeste (la bouteille), elle (Joëlle) a calculé qu'avec une charge nominale elle (la bouteille) peut gonfler 50 pneus de 4x4.

Nous continuons la piste et quittons cette zone à flanc de montagne le long de gorges, pour nous retrouver sur un plateau à plus de 2000 m. d'altitude. Il pleut et la température est tombée sous les 20°C, autant dire qu'il fait froid ! A partir de là nos problèmes commencent. D'abord la piste est rendue très glissante et nos pneus ne sont pas très adaptés. De petits dévers deviennent vite angoissants quand on voit la rivière à quelques 50 mètres plus bas. Des oueds se forment rapidement. Nous traversons la rivière que nous suivions depuis quelque temps déjà par un gué dont le niveau semble monter et nous fait craindre un point de non retour, d'autant plus que nous découvrons que la piste est bloquée par un bloc gros comme une maison. Nous prenons alors une autre piste mais qui nous éloigne de notre destination (Imilchil). Enfin grâce aux GPS nous pouvons suivre exactement notre itinéraire. La pluie a cessé, mais l'heure tourne et il semble de plus en plus difficile d'atteindre l'objectif du soir. Nous hésitons à planter un bivouac tant qu'il fait jour, mais nous décidons de continuer de peur que la pluie redémarre et que nous nous trouvions bloqué dans le massif. Nous retrouvons enfin le goudron, mais bien plus au Nord que prévu (d'environ 60 km). La route est roulante (sic) au point où Roro oublie qu'elle se transforme soudainement en piste, mais pas de problèmes puisqu'il a des actions chez Bilstein. Nous arrivons enfin au lac Tislit vers 21 heures et il fait nuit depuis longtemps. La journée aura été longue.

Le bivouac s'organise rapidement. La fatique et la fraîcheur nocturne n'entament pas le moral des troupes d'autant plus que nous savons la journée du lendemain plutôt calme.

Le Quiz du jour: est-il vrai que sur un P38 il est impossible de couper la climatisation ?

13-8-2001 5ème étape Imilchil - Tamtattouche 102km, visite d'une casbah, rencontre avec la population berbère, promenade à dos de mulets (auberge, excellente étape). Nous découvrons le lac au bord duquel nous campions, et il fait beau ! Petit déjeuner copieux (oeufs sur le plat, bacon il en reste !, oignons, etc.) puis nous levons le camp et payons une petite visite au lac Iseli voisin. Enfin nous reprenons la route pour Tamtattouche, mais la piste est en travaux suite à des éboulements et on nous indique qu'il faudra attendre le lendemain pour passer. Nous consultons la carte et le détour qu'il faudrait emprunter nécessiterait pratiquement une journée de route et piste ! Finalement après une petite attente que les bulldozer dégagent le terrain, nous passons. Ensuite vient la traversée d'Imilchil qui reste aussi pénible que d'habitude tant les enfants nous harcèlent de "donne moi stylobonbondirrham" qui parfois se soldent par un jet de pierre. Bienvenue au Maroc ! Nous arrivons enfin chez Baddou accueilli par Mr Baddou himself, qui s'empresse de nous servir le thé nana (à la menthe). Pris d'un petit creux nous commandons un tajine et sortons de nos réfrigérateurs quelques bières, car notre aubergiste n'a pas de licence adéquate.

Pour l'après-midi, Roro nous a concocté une balade à la casbah du coin à dos de mulet. Bon je prétexte qu'il n'est pas pratique de prendre les photos et filmer perché sur ces baudets et suit à pied le convoi sans difficulté. La casbah est une très vieille maison dans laquelle vivent plusieurs familles, elle est construite de terre, bois et paille et comporte plusieurs étages. Celle-ci est construite sur un promontoire rocheux qui surplombe le lit de la rivière cultivé dont le vert saturé tranche avec la sécheresse alentour. Le ridicule ne tue pas !Nous voilà tous installés dans la pièce principale de la casbah qui pour tout mobilier dispose de quelques tapis, une table basse à peine plus grande que le siège de ma Land Rover (excusez mon système de référence), une lampe à gaz butane et un poël à bois bien évidemment hors fonction à cette époque. Curieusement la chaleur est supportable et le thé bouillant qui nous est servi passe bien. Bernard, notre G.O., me confesse qu'il aurait préféré une bière fraîche, je lui rétorque que vu les nombreuses flagtulences dont il est victime, il ferait mieux d'en réduire sa consommation. Il est utile d'expliquer au lecteur que la flagtulence est un des effets secondaires due à l'absorption excessive de Flag, bière marocaine.

De retour à notre auberge, chacun vaque à ses occupations (lessive, douche, visite du village, etc.). Le soir un méchoui est préparé, cuit à l'étouffée dans une gangue de terre, ce qui permet à la viande de conserver son jus. Excellent. Nous mangeons dehors sous la toile de tente berbère avec un fond de musique orchestré par le tenancier et ses copains. On aime ou on n'aime pas ! R.D.O. a pratiquement réquisitionné l'hôtel puisque nous occupons les 7 sept chambres disponibles. Dormir sur le toit était une alternative intéressante pour profiter de la fraîcheur de la nuit et du panorama au lever de soleil.

14-8-2001 6ème étape Tamtattouche - Merzouga 263km, par les Gorges du Todra, ainsi que par les cols, et bonjour les dunes de l'erg Chebbi (hôtel Chez Gérard et Françoise). C'est reparti, nous quittons l'Atlas par les gorges du Todra, piste qui pour l'instant n'est toujours pas goudronnée, mais pour combien de temps encore ? A Tinerhir nous faisons le plein de carburant, nourriture (y compris rosé de Boulaouane), et de Dirrahm. Nous prenons ensuite la piste jusqu'à Alnif. La chaleur est de nouveau très forte et nous avons peine à trouver de malheureux arbustes pour nos donner un peu d'ombre à la pause "déjeuner". Enfin nous trouvons un arbre assez grand pour garer les véhicules à moitié à l'ombre. Thierry arrive le dernier, il reste une splendide place à l'ombre que personne n'occupe, et pour cause, les branches sont trop basses pour y loger un 4x4, mais ceci n'effraie pas le moins du monde notre quidam qui arrive avec fort élan sur la place. Ce qui devait arriver arriva, il heurta une branche de plein fouet dans le pare-brise. L'arbre en représailles, laissa tomber un de ses fruits sur le capot de l'agresseur: un gros caillou ! Au Maroc il y a des arbres à cailloux, ce sont donc des cailloutiers !!!

Nous retrouvons la route jusqu'à Rissani. Christian avance péniblement à 80 km / heure et nous nous faisons du souci quant à ses capacités de continuer ainsi plus au Sud. A Rissani, c'est le méga plein de carburant car une étape de deux jours de piste nous attend sans ravitaillement intermédiaire. Nous profitons de la pause dans cette grande station essence pour tester le P38. Chacun y met son grain de sel, mais rien n'y fait.

Rissani c'est la porte du désert, le sachant nous tentons d'ingurgiter autant de boissons fraîches que nous pouvons. Rien n'y fait, après avoir bu une limonade au citron, on a aussi soif qu'avant. Il est temps de partir car nous voulons atteindre Merzouga avant la nuit. Ca commence bien, le road-book manque quelque peu de précision et nous n'arrivons pas à sortir de la ville avec celui-ci. Finalement c'est en suivant les panneaux indicateur "Merzouga 53 km" que nous sortons de la ville. Après c'est tout simple on roule où on veut sur un plateau en direction de l'erg Chebbi. Le spectacle est lunaire, l'atmosphère irréelle car on ne voit pas le soleil, le ciel est blanc comme sur une photo surexposée. Ceci est dû à la poussière de sable qui crée un voile, sorte de brouillard. La température est au summum, dépasse les 45°C, il est pourtant 17 heures. C'est super, on peut rouler à plus de 80 km / heures, on se croirait sur une gigantesque piste gravillonnée, d'ailleurs la couleur de la roche est noire comme le goudron. Grisés par l'ambiance nous accélérons de plus en plus, tout d'un coup Bernard me crie: il pleut ! En effet de l'eau coule sur le pare-brise. C'est la douche solaire qui n'apprécie pas les secousses et vient de s'ouvrir. J'arrive à sauvegarder la moitié de son contenu, tant pis je serais moins propre que prévu. Nous ne sommes pas les seuls euphoriques puisque le groupe réussit à se diviser. Heureusement nos postes C.B. fonctionnent bien et nous arrivons à porter à 7 km quand il n'y a pas d'obstacles.

Nous arrivons à la nuit à l'hôtel / camping de Merzouga tenu par un couple de français. Le cadre est bien arrangé, il y a l'électricité, l'eau courante, mais pas de climatisation. Juillet - Août sont les mois les plus chauds au Maroc et nous sommes dans le Sud aux portes du désert: il n'y a plus aucun massif montagneux qui pourrait casser et refroidir les vents chauds du Sahara. L'hôtel est organisé en petits bungalows avec terrasse sur le toit. Il fait tellement chaud qu'il est pratiquement impossible de dormir dans les chambres. Daniel et Laetitia n'ont pas la forme ce soir, ils sont épuisés par un excès de chaleur. Heureusement que Bernard dispose plus d'un tour dans son sac, d'où il sort quelques remèdes afin que nos deux charentais passent une bonne nuit. Certains optèrent pour la terrasse, d'autre pour le P38 (mais qui ça ?) ou bien encore pour le camping dans les dunes sur le toit de leur véhicule à la belle étoile !

Quiz du jour: un garagiste professionnel, deux amateurs de mécanique, un diéséliste professionnel ne suffisent pas à diagnostiquer un P38. Vrai ou faux ?

15-8-2001 7ème étape Merzouga - Hassi Bou Kabou 99km, traversée du désert hors pistes, franchissements de dunes, G.P.S. utile (bivouac au milieu de nul part). Quel spectacle que de se réveiller au pied des dunes et de regarder le soleil se lever bien emmitouflé dans son drap. C'est incroyable comme la température monte vite. Je suis intrigué par un bruit strident qui provient de la voiture. C'est le terra-trip qui a rendu l'âme: un vrai sapin de Noël, il clignote et bip dans tous les sens ! C'est la première victime électronique de la chaleur. En redémarrant, je me rend compte que mon coupleur de batterie (pour charger la batterie auxiliaire) ne fonctionne plus aussi. Décidément la journée commence mal pour moi !

Avant de quitter l'erg Chebbi, certains s'aventurent dans les dunes en 4x4 afin de s'amuser un peu. Jean-Louis voudrait sortir ses plaques de désensablage, mais rien n'y fait, il n'en a pas besoin. Nous continuons à vive allure sur ce plateau. La piste devient plus sablonneuse, les passages délicats se font un par un car il n'est pas question de perdre son élan dans de tels passages. Nous traversons un massif montagneux, et il n'y a plus aucune traces sur la piste, à part des crottes de chameau ! Le G.P.S. nous conforte dans notre itinéraire. Nous franchissons un col dans le sable et les véhicules peinent beaucoup. Christian manque terriblement de puissance et n'arrive pas à franchir un obstacle: il s'ensable à chaque fois. Nous dégonflons ses pneus à 1 kg de pression et miracle il passe tout seul. Après ce col nous sommes à nouveau sur un plateau très roulant et une course s'engage dans la descente... Chaque véhicule roulant de front dégage une traînée de poussière sur des centaines de mètres. Nous sommes à la frontière algérienne et la piste passe en Algérie sur quelques kilomètres. Rien ne nous l'indique bien sûr, à part les cartes aériennes américaines sur lesquelles nous avons repéré le tracé relevé au G.P.S.

C'est le moment de vous faire part des inquiétudes de Bernard. Son équipier (Roro) a absorbé, à titre préventif, une plaquette d'Immodium. Ce dernier pense que ceci lui évitera la "tourista". Par contre il n'a pas pensé aux effets secondaires que provoquent ce médicaments: ça fait 5 jours que Roro n'est pas allé aux toilettes. Bernard vit mal la perspective du dégonflement soudain de la panse de son coéquipier, d'autant plus que des signes avant coureur se sont fait "sentir" dans l'habitacle du Land Rover. De plus à chaque fois que Roro s'aventurait à pieds dans le désert le risque était réel qu'on le retrouve encroûté et étouffé dans une gangue de sable...

La chaleur devient insupportable: nous atteignons 52°C dans l'habitacle du Land et il fait pratiquement 50°C à l'extérieur. Le G.P.S. donne des signes de faiblesse, il s'éteint régulièrement. Enfin nous arrivons au lieu de bivouac prévu sur un terrain légèrement sablonneux et plat avec quelques maigres arbustes permettant de nous éclipser pour assouvir des besoins biens naturels. D'ailleurs c'est l'occasion d'expliquer à nos lecteurs que camper avec un groupe de 19 personnes pose quelques problèmes d'organisation pour les toilettes. Naturellement nous découpons le secteur "couvert" en deux zones: une pour les garçons et une pour les filles, comme dans lieus publics ! Je vais par ailleurs vous livrer un petit tuyau: n'aimant pas laisser de traces de mon passage, j'enterre soigneusement l'objet de ma visite. Vu le peu d'endroits généralement disponibles il est fréquent de "tomber" sur un endroit ayant déjà servi. Alors pour indiquer qu'il y a eu utilisation récente du lieu, je laisse toujours dépasser un petit bout de PQ qui fait office de drapeau avertisseur.

Les heureux possesseurs de douches solaires s'en donnent à coeur joie. On ne peut difficilement imaginer le plaisir que procure une douche après une journée de 4x4 en plein désert, où la poussière est omniprésente. Imaginez ensuite qu'après cette douche vous prenez une bière fraîche, le tout au beau milieu de nulle part confortablement installé au bivouac. Elle est-y pas Belge s'te vie ?

Ce soir nous fêtons l'anniversaire de Laétitia, l'organisation à même pensé à un petit cadeau pour l'occasion. Avec R.D.O. c'est pas du pipeau !

Le Quiz du jour: A quelle pression faut-il gonfler les pneus d'un P38 ?

16-8-2001 8ème étape Hassi Bou Kabou - Zagora 120km, désert, pistes (hôtel). Nous partons assez tôt sachant qu'à l'arrivée l'hôtel de la Fibule nous attend (ou le contraire). La piste est toujours roulante jusqu'au Jbel Rharrt avec le passage très caillouteux du Tizi-n-Tafilalet. Daniel déchire un pneu de son Discovery. Nous arrivons sur Zagora par la palmeraie, au niveau du Jbel du même nom. Zagora c'est l'oasis de la vallée de l'oued Drâa: des palmiers à perte de vue. La piste rejoint le goudron juste en face de l'hôtel la Fibule. Il est midi quand nous garons nos véhicules dans le petit parking de l'hôtel: nous arrivons à caser tous les véhicules et à l'ombre S.V.P. ! Nous prenons possession de nos chambres climatisées, puis tout le monde se retrouve au bar (à moins que ce ne soit l'inverse) puis au restaurent. Quel plaisir et contraste par rapport à la veille de se retrouver dans ce cadre exotique et confortable où le jus d'orange frais coule à flot (dorénavant nous commandons les jus d'orange par trois). Pourquoi tant de jus d'orange ? Officiellement R.D.O. conduit un test médical cherchant à démonter une croyance selon laquelle le jus d'orange provoquerait des troubles intestinaux.

L'après-midi chacun vaque à ses occupations (piscine, cartes postales, shopping, visite de la ville, etc.). Daniel change son pneu contre un neuf qu'il avait en réserve. Thierry a quelques problèmes avec un silence bloc d'amortisseur, il en trouve un mécano qui lui remplace par un modèle de récupération "compatible". Le soir nous fêtons un deuxième anniversaire, celui de Fabienne avec encore le cadeau de l'organisation. R.D.O. c'est pas du...

17-8-2001 9ème étape Zagora - Ourzazate 330km par la piste par Foum-Zguid (hôtel). C'est presque avec regrets que nous quittons ce paradis. Nous quittons Zogora par le Sud Ouest puis longeons le Jbel Bani en direction de Foum Zguid. Aujourd'hui nous avons changé la règle du jeu: alors qu'habituellement le Land de Roger / Bernard ouvre la piste et celui de Marc / Lucie la ferme, cette fois-ci le groupe part en tête. La piste de Foum-Zguid comporte un nombre incalculable de variantes. En effet elle est tellement cassante que chacun essaie de trouver un passage plus agréable, il s'en suit une multitude de pistes plus ou moins parallèles. A ceci ajouté un relief légèrement vallonné et il devient possible de doubler un véhicule par une piste parallèle sans s'en rendre compte. C'est effectivement ce qui va arriver au "couple" Jean-Louis / Monique et Christian / Annette (entendez par couple, ensemble de deux véhicules), qui se retrouvent en queue de peloton. C'est à mi chemin que nous nous inquiétons de n'avoir eu aucun contact avec eux. L'ensemble des participants confirme la disparition des Land et Range de Jean-Louis et Christian. Marc / Lucie attendent alors deux heures en espérant voir arriver nos deux véhicules manquants. Rien n'arrive et heureusement les villageois nous offrent thé à la menthe et collation à "l'ombre" d'un acacia. Il est encore possible, bien qu'improbable vu la configuration du terrain à cet endroit, que Jean-Louis et Christian soient passés sans nous voir. Nous décidons de continuer jusqu'à Foum Zguid. La piste est exécrable, il n'y a que des cailloux et quelque soit la vitesse adoptée ça tremble de partout à déboulonner les écrous les plus grippés ! Arrivés à Foum-Zguid, je fais une pause pour attraper une bouteille fraîche dans le frigo. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que ma roue de secours avait disparu ainsi que son support pivotant, avec en prime le châssis vrillé à l'endroit où portait le support. Le plus étonnant est ne s'être rendu compte de rien tant ça vibrait de partout sur cette piste ! Nous retrouvons le groupe au centre du village, avec nos deux véhicules toujours manquants.

Pendant ce temps le reste du groupe qui attendait à Foum Zguid se fit inviter par le maire du village à prendre le thé et le couscous ! Bernard obtint même un traitement de faveur par le fils du maire: celui-ci l'emmena par la main visiter les jardins. Nous ne saurons sûrement jamais ce qu'ont fait ces deux personnes hormis s'extasier devant les diverses plantations rencontrées...

Pour ne pas immobiliser le groupe plus longtemps, d'autant plus qu'il restait un bon bout de route avant d'atteindre Ourzazatte, nous décidons de le faire avancer pendant que Marc / Bernard repartent en sens inverse sur la piste abominable à la recherche de nos compères et éventuellement d'une roue de secours ! Nous roulons pendant une petite heure et nous rencontrons enfin nos deux véhicules avec en prime la roue de secours qu'a trouvé Christian à quelques kilomètres de là. Tout s'arrange au mieux. Ils nous expliquent que voulant approcher des dunes ils se sont ensablés. Résultat séance de treuillage, pelle et plaque de désensablage. Ils l'avaient cherché et ils l'ont trouvé ! Nous avons alors deux heures de retard sur le reste du groupe. La nuit tombe quand nous descendons du massif de montagnes. Nous surplombons la vallée et il s'offre à nos yeux un feu de couleur rougeâtre. Nous atteignons la nationale P31 (non rien à voir avec le P38) et il ne reste plus qu'une trentaine de kilomètres pour atteindre Ouarzazate.

La soirée se déroule dans un cadre fort convivial, le patron de l'hôtel faisant tout son possible pour contenter sa clientèle constituée en majorité de baroudeurs (4x4, motos, back-packer, ...). Elle se termine par un plongeon forcé de Bernard dans la piscine tout habillé. Sacré Christian, ça a été plus fort que lui ! Bernard a été bon pour un séchage de ses billets de banque.


18-8-2001 10ème étape Ourzazatte - Marrakech 203km par la piste du sel, visite d'Ait Benhaddou et la Casbah de Télouet (hôtel). Nous reprenons la route en sens inverse puis bifurquons vers la célèbre casbah de Aït-Benhhaddou, qui a servi de décor à de nombreux films. Petite visite guidée, parsemée de nombreux vendeurs de souvenir plus ou moins entreprenants. Bref nous reprenons la piste étroite qui mène à la casbah de Telouèt. La piste est superbe à flanc de montagne, avec en contrebas les palmeraies, sans parler des nombreuses casbahs. Nous visitons rapidement Telouèt, puis rejoignons la route de Marrakech. Nous sommes en plein coeur du Haut-Atlas, passons le col de Tizi-n-Tichka à 2260 mètres puis redescendons vers Taddert. La vue est grandiose et la lumière superbe en cette fin d'après-midi. La température est grandement redescendue et il fait presque froid. Nous arrivons enfin dans la ville grouillante et bruyante de Marrakech. Le convoi forme une colonne très serrée de peur de se perdre dans le dédale d'avenues de ronds-points. L'arrivée à l'hôtel est épique car celui-ci est en plein coeur de la ville et l'entrée du parking se trouve au milieu d'un carrefour et nous bloquons la circulation...

C'est notre dernier repas collectif et nous n'arrivons pas à avoir une table commune tant il y a de monde dans cet hôtel qui comporte une centaine de chambres. Après le repas nous allons visiter la médina (vieille ville) et affrétons 4 calèches pour un petit tour à travers la ville.

19-8-2001 Retour vers le Nord. Le groupe se sépare. Certains repartent directement, d'autres restent une journée de plus à Marrakech. Dans le parking de l'hôtel le P38 explose ses suspensions hydropneumatiques. Il fera tout le voyage de retour en butée sur les caoutchoucs...

C'est avec une pointe de nostalgie que nous voyons le groupe se disloquer, en effet nous avons passé neuf jours ensemble, nous ne nous connaissions pas pour l'ensemble d'entre nous, et il faut dire que l'ambiance a été très bonne sans aucun problème relationnel.

L'organisation a encore du pain sur la planche: direction le Rekkam pour une reconnaissance !

Quiz du séjour: est-ce que le P38 est un véhicule adapté pour des raids africains ?

Après quelques courses alimentaires, nous reprenons la route de Béni-Mellal, puis filons vers l'Est vers Midelt et ensuite plein Sud vers Er Rachidia. Après 600 km de route pratiquement non-stop, nous "plantons" le camp au sommet d'une colline. Roro n'est pas content car il y a trop de vent à son goût. Bernard n'arrive pas à planter ses sardines, et pour cause nous sommes installés en fait dans une ancienne carrière de pierres plates... Bref la fatigue de la route rend nos humeurs assez sensibles. Tout cela est vite oublié après une bonne côte de boeuf grillée, accompagnée d'un rosé de Provence (il restait encore une bouteille de France, comme quoi nous savons consommer avec modération !).

20-8-2001 Pourtant isolés au sommet de notre colline nous avons la visite d'un donne moi stylobonbondirrahm. Nous plions le camp fiça et reprenons notre route vers Erfoud. Nous avons pratiquement fait une boucle puisque Rissani n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres plus au Sud. Nous obliquons vers le Nord-Est dans une zone extrêmement aride. C'est le début de notre reconnaissance que nous avons planifiée par un relevé sur carte TPC américaine au 1/500 000, puis reporté dans nos G.P.S. Ceci nous dégrossit énormément le travail et en pratique nous avons une précision de 500 mètres à 2 km sur le terrain. En tout état de cause nous savons à tout moment si nous dérivons de notre itinéraire et de combien.

La piste est assez amusante, avec de nombreux virages, passage d'oued et de collines. Nous débouchons ensuite sur un plateau, avec par endroits des dunes que nous cherchons à éviter. Dans une zone la piste est bloquée par une dune et il nous faut trouver un passage. Nous commençons à dévier de l'itinéraire prévu. Roro s'embarque sur une piste qui semble avoir été tracée en ligne droite à travers les collines par un bulldozer. Ca ressemble à des montagnes russes. Je reste en arrière et attend le feu vert de Roro par radio. Il m'indique que pour lui il n'est plus question de faire demi-tour et que ça semble s'améliorer un peu devant lui. Venant de franchir une des montagnes russes, en y laissant de la gomme de pneus, je m'inquiète pour la suite car nous sommes dans une zone vraiment perdue et le moindre incident tournerait vite à la galère. Je fais demi-tour et tente de contourner le massif. Toujours en contact radio avec l'autre véhicule, j'entre dans mon G.P.S. leur coordonnées. Je suis à 4 km à vol d'oiseau. Je me dirige donc sur le cap indiqué en hors piste. Tout semble aller comme sur des roulettes, quand je me retrouve coincé dans un lit d'oued. Le fond de celui-ci est tapissé d'énormes touffes d'herbes, je roule au pas et la voiture fait des bonds. Je tords ma barre de direction, et il est temps de sortir d'ici. Je m'engage alors à la perpendiculaire pour sortir du lit par une montée très raide. Ouf me voilà sorti du guêpier et il me reste à parcourir 2 km pour retrouver Roro. Je les aperçois enfin.

Nous atteignons enfin Boudnib. Nous avons effectué très peu de chemin en une demi-journée et à ce rythme la traversée du Rekkam risque d'être longue. Roro me demande ce que nous faisons dans cette galère... No comment. La piste devient plus roulante car nous longeons un lit d'oued par une piste qui dessert de nombreux villages. Nous bifurquons à nouveau Est sur Khang el Ghar.

Nous campons à la tombée de la nuit sur le bord de la piste. Nous n'avons rencontré aucun véhicule de la journée. Terrassés par cette pénible journée nous nous couchons rapidement.

21-8-2001 Lever à 6 heures ! Nous voulons profiter au maximum de la journée. Nous réparons la barre de direction à Tajjite, il est 8 heures et les garages sont fermés. J'entre dans le bureau de poste ouvert (évidemment si il avait été fermé je n'aurais pas pu entrer) et c'est là qu'un client vient me faire deux bises puis commence à me parler. Je n'y comprends rien de ce qu'il raconte. Les gens on l'air bizarre dans ce village isolé... Nous démontons donc la barre nous-mêmes et la faisons redresser chez un soudeur. A 9 heures nous sommes de nouveau sur une portion de route. A Talsinnt, la piste reprend et progressivement nous nous rapprochons du plateau du Rekkam. La piste est assez monotone mais roulante.

Nous progressons rapidement, passons le puits de Hassi-el-Ahmar (il y a de l'eau) et atteignons Zerouillet (non il n'y pas de faute de frappe) en milieu d'après-midi. A Zerouillet nous perdons une bonne heure à trouver la piste et nous parcourons dans tous les sens les moindres pistes. Nous quittons le plateau et retrouvons le goudron, puis amorçons une longue descente sur Debdou. Nous quittons ensuite la route pour prendre une piste vers Guercif où nous avons décidé de camper.

Cette journée fut longue car nous plantons le camps vers 18 heures. Nous avons parcouru une distance inespérée (plus de 300 km). La fatigue commence à se sentir sérieusement sur nos visages. Le moral reste bon surtout après la côte de boeuf - petits oignons - tomates au barbecue arrosée de gris de Boulaoune.

22-8-2001 De Guercif nous reprenons une piste vers le Rif qui nous emmène à Mezguitem. Nous sommes alors en plein coeur du Rif avec ses routes en zig-zag qui n'en finissent pas. Nous passons à Aknoul, Boured, Ketama, la capitale du haschich que nous passons sans traîner, traversons les splendides forêts de cèdres, puis arrivons à Bab-Berred et Bab-Taza.

A partir de ce point nous nous séparons, Roro ayant décidé d'être de retour le samedi chez lui afin de pouvoir laver son 4x4 le dimanche avant la reprise du travail (sans blaguer). Dommage car nous loupons la piste qui redescend sur la côte à Bou-Ahmed et le bivouac sur la plage...

Je passe donc la nuit seul à une trentaine de kilomètre au Sud Tetouan juste avant de quitter le Rif.

23-8-2001 Une petite halte à Tetouan pour régler le parallélisme de mon Land suite au problème de direction, suivi par l'achat de quelques souvenirs de poteries pour la famille. Le passage de la douane est long, car il faut faire tamponner son passeport à un petit guichet et il n'y a qu'un seul employé pour faire cela... A Ceuta, quelques achats d'alcools détaxés (le whisky est ici à moitié prix), traversée du détroit de Gibraltar, décalage horaire de deux heures et me voilà vers 15 heures à Algéciras.

Je remonte par Cadiz, Cordoue, Bailen, puis reprend la route de l'aller. La chaleur est torride au coeur de l'Espagne, je décide donc de pousser jusqu'au bivouac de l'aller. Encore une fois le G.P.S. est d'une grande utilité et je retrouve le bivouac. Ambiance triste: je suis seul et c'est la fin des vacances.

24-8-2001 Les kilomètres défilent et j'arrive à Marmande en fin d'après-midi vers 18 heures. Je retrouve ma petite famille avec plaisir.

MR le 18/11/01.

Les participants

Ordre Noms Département Remarque Monture
1 Roger Derusme, Bernard Pottier 62 Defender 110 300tdi, Organisation
2 Michel, Marie-Thérèse, Lucie Courtois 62 Toyota LJ73
3 Jean-Louis, Annette Huet 95 Defender 90 300tdi
4 Christian, Monique Bournot 94 Range Rover P38 !
5 Didier, Fabienne, Simon Poelert 59 Toyota KZJ
6 Daniel, Laeticia Barabeau 17 Discovery 200tdi
7 Thierry, Pascaline Jacob Belgique Range Rover Classic V8
8 Nicolas, Joëlle Locatelli 01 Discovery 300tdi
9 Marc Rechté 76 Defender 110 300tdi, Organisation

Encore des photos de ce raid Nomade édition 2001


Camp à la Cathédrale

La Cathédrale

Une sardine plantée à la Hilti

Gonflage avec une
bouteille de plongée

R.D.O. affiche ses sponsors

Distribution de stylos

Harem R.D.O.

Un homme du désert
et son chameau

Silence, on tourne

Dans l'Atlas

L'oiseau va s'envoler

Le manuel du P38...

...où comment ouvrir
le capot

Crédits photo: Roger Derusme, Didier Poelert, Marc Rechté, Michel Courtois, Bernard Pottier, Christian Bournot